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Le sahara occidental occupé

Le sahara occidental occupé

Actualités sur le conflit du sahara occidental


Portrait de touwalou

Publié par Hassane Le sahraoui sur 31 Mai 2007, 00:41am

Catégories : #lesaharaoccidental

Portrait de touwalou
“Je veux laisser mon empreinte”

Il a fallu cinq jours à Touwalou, l’ancien combattant sahraoui converti en chauffeur de tachrifat (protocole), et près de 1 600 kilomètres de chemin parcouru en Toyota, pour s’ouvrir à nous.
Cinq jours passés entre les pistes nerveuses et poussiéreuses des territoires libérés du Sahara occidental, sans compter les pauses, parfois courtes, parfois longues, dans les régions de Tifariti et de Mijek, aux côtés des autres chauffeurs sahraouis, des journalistes algériens et d’une délégation marocaine, conduite par Abdelaziz Menebhi, l’ancien président de l’organisation Al-Amam.
Pendant tout le voyage, cet homme de 39 ans, vêtu d’une tenue militaire et coiffé d’un chèche noir, passait des cassettes et conduisait en silence. Pendant les haltes, il nous préparait du thé, rejoignait les chauffeurs auxquels il donnait souvent des ordres ou se mettait un moment en retrait, avant de s’installer derrière son volant en nous hélant.
C’est pourtant le même Touwalou qui, quelques jours après, parlera de la construction du mur, par le Maroc, et de cette “période de ni guerre ni paix” qui dure depuis 1991. “Nous célébrons le 34 anniversaire de la lutte armée d’indépendance et je vous avoue que l’amertume est derrière nous. Nous pensons à nos enfants, à ce que nous allons leur laisser”, nous livre-t-il, non loin d’un mini-cybercafé monté dans le désert de Mijek par de jeunes informaticiens sahraouis.
L’enfant de Tiris, aujourd’hui père d’un petit garçon, a rejoint précocement l’Armée de libération sahraouie, à l’âge de 14 ans, avec 4 autres jeunes. Car c’était la guerre et parce que le combattant était le plus respecté de tous.
Il lui arrive, dit-il, de “communiquer” avec certains endroits et il se rappelle les batailles auxquelles il avait pris part, notamment à Guelta, Hawza, Oum Lagueta et dans la région de Mahbès. Comme il se rappelle la mort d’un de ses amis, dans la bataille d’El-Dhalaâ (Mahbès). “Il m’a fait promettre d’emmener sa mère et sa sœur sur notre terre libérée”, soutient-il, troublé et gêné de montrer son émotion.
Et pour détourner l’attention, il révèle avoir filmé les trois sites archéologiques, découverts au cours de ce mois, dans les régions d’Al-Ajwad, d’Amhiriz et d’Akhchach. “J’ai conduit dernièrement des chercheurs espagnols. Ils m’ont montré des photos de nouveaux sites archéologiques. J’ai reconnu les lieux et après leur départ, je m’y suis rendu seul pour les filmer. Je veux laisser mon empreinte… et je reste mobilisé”, déclare-t-il avec un large sourire, en nous signifiant la fin de l’entretien.

H. A.

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